Coupe d'Europe espoirs 2010: Annecy le Vieux
3ème édition: le résumé
Cette année encore, Annecy le Vieux accueillait une étape de la coupe d’Europe espoirs, et une fois n’est pas coutume, la famille Pollicard et tout le club de Roc Evasion auront tenu leurs promesses. Un accueil chaleureux, une organisation décontractée, des voies concoctées par Romain Desgranges, Mike Fuselier et Vincent Degirolamo plutôt bien ouvertes aux dires des grimpeurs, et pas mal de spectateurs pour les finales. Bref, quelques éclairages supplémentaires et le show aurait été parfait. Dommage également que le mur ne puisse pas accueillir toutes les finales le même soir, mais qu’importe, ce dimanche matin, pour les minimes, l’ambiance était au rendez-vous, et c’est bien le principal.
Bref, nous sommes venus, et nous n’avons pas été déçus. Retour sur la seule étape française de la saison.
Du côté des minimes filles, la voie semble bien rési, dans l’arche de gauche, avec une belle continuité de mouvements, sans vraiment de repos. Qui dit voie rési, dit pas mal de grimpeuses qui arrivent dans le haut de la voie les bras pleins de lactates, et donc, pas mal de grimpeuses qui chutent dans la même zone. Mais vient le tour de la belge, Anak Verhoeven, minime première année, vice championne du monde en titre (Edimbourg), qui mettra tout le monde d’accord : une grimpe rapide, fluide et posée, la belge avalera les mouvements, passera la fameuse zone rouge du haut, pour échouer à 3 mouvements du TOP. Elle mettra la barre très haute, et aucune autre grimpeuse ne parviendra à égaler sa performance. La seule française qualifiée en finale, Julia Chanourdie, locale de l’étape, ne parviendra pas à se lâcher pleinement. Elle rejoindra le haut de la voie, mais échouera à un mouvement du podium, et se classera 6ème. Pour compléter le podium derrière la belge, on retrouve une autrichienne (normal dirons nous !), Elena Bonapace, suivie par l’italienne Andrea Ebner ex-æquo avec l’autrichienne Jessica Pilz.

Julia Chanourdie, à l'assaut de sa voie de finale
Chez les minimes garçons, trois français étaient dans la course des finales. Maël Bonzom, Adrien Tribout et Geoffray DeFlaugergues. Maël, premier grimpeur à s’élancer, enchaîne les premiers mouvements sans trop de difficulté. Il passe le toit, se rétabli, et la fatigue commence à se faire sentir, à tel point qu’il ne parviendra pas à clipper une dégaine. Il aura bien tenté de redescendre, trop cuit, il rendra les armes le tout pimenté par un beau vol. Adrien Tribout échouera juste en dessous. Pour l’instant, c’est un allemand en tête, David Firnenburg, qui chute dans la toute dernière partie de voie. Il ne reste alors plus que trois grimpeurs à s’élancer, dont Geoffray, et l’autre géant allemand, champion du monde en titre minime, Sebastian Halenke. Geoffray s’élance, se met un combat d’anthologie, avance, dynamise, serre les prises, et passe devant David Firnenburg. Premier au provisoire, il regarde du bas le run d’Halenke, son principal rival. L’allemand semble à l’aise dans sa grimpe. Aucun mouvement n’a l’air de lui poser problème, tout passe stat, mais d’un coup il explose, sur le même mouvement que son compatriote David (un mouvement un peu moins facile que les précédents, qu’il n’aura pas su gérer), laissant ainsi Geoffray s’envoler vers la plus haute marche du podium.
Geoffray DeFlaugergues en Or!
En cadettes, malgré l’absence de la française Hélène Janicot qui se réserve pour les étapes de coupe du monde, le niveau n’en est pas moins relevé. Le combat s’annonçait serré entre l’Autriche et la France. Magdalena Rock, Katharina Posch, Julia Serriere et Laura Michelard, quatre grimpeuses qu’on attendait avec impatience. Laura Michelard s’élance, et grimpe dans un style toujours aussi agréable à regarder : précision, technique et intelligence dans la lecture font d’elle un grimpeuse redoutable. Elle arrive dans le haut de la voie, après un volume difficile à négocier, la voilà face à deux pinces, plutôt immondes (surtout après un paquet de mouvements !). Un bon blocage en perspective pour aller rejoindre une prise verticale main droite avant de rejoindre l’arrête du mur, un blocage qui sera fatal à Laura… Julia s’élance à son tour. Une grimpe un peu moins fluide que Laura, pas mal de prises de risques, mais qu’importe, elle avance, et ça paye puisqu’elle réalise le fameux blocage, mais tombe sur le mouvement suivant. Il en sera de même pour l’ultra favorite de l’étape, Katharina, qui, après une grimpe tranquille, explosera d’un coup à l’image de l’allemand Halenke en minime garçon, et chutera sur le même mouvement que Julia. Finalement, seule Magdalena restera suffisamment lucide pour passer ce passage difficile, bloquer les deux pinces, rejoindre l’arrête, et enchaîner les mouvs presque jusqu’au top. Bref, une victoire amplement méritée.
 Julia Serriere arrive sur la première pince du crux
On passe chez les cadets. Seule catégorie où aucun français ne sera au départ des finales. Après quelques concurrents, nous nous faisons une première idée de la voie : un départ tranquille, suivi rapidement par une traversée bien physique dans le toit, et un gros crux dans le rétablissement où il faut faire parler le biceps… Un crux tellement dur que huit grimpeurs échoueront sur ce passage, dont l’allemand Alexander Megos, vice champion du monde en titre dans sa catégorie. Un peu moins de spectacle dans cette voie, mais c’était sans compter sur l’italien Stefano Ghisolfi, qui randonne littéralement le passage, serre les prises sans commune mesure, se rétablit, et enchaîne pas moins de cinq mouvements en plus que ses adversaires, mettant alors tout le public d’Annecy le Vieux dans sa poche…
On passe dans la catégorie reine, les juniors. A noter que les juniors s’élançaient dans les mêmes voies que leurs homologues cadets. Du côté des filles, on retrouve le même problème que chez les cadettes, sur ces fameuses pinces. Seules 3 grimpeuses passeront ce passage, les suissesses Katherine Choong et Manuela Sigrist, et la russe Dinara Fakhritdinova, 3 grimpeuses qui iront jusqu’au top de la voie ! Une super finale viendra donc départager ces 3 compétitrices au sommet. Quelques prises tournées, d’autres enlevées, et c’est parti pour une superfinale dans une voie quasi identique (dommage pour le spectacle ! On aurait préféré une voie toute neuve, ou envoyer les filles dans la voie des mecs avec quelques prises supplémentaires). Dinara, qui semblait la plus à l’aise en finale, nous fait une belle zipette dans le milieu de voie de la super et manque de peu de tomber. Elle se ressaisit et chutera après les 2 pinces, sur l’arrête, où les prises semblaient bien moins commodes qu’en finale. Katherine Choong, dans son style toujours aussi posé, tombera une prise plus haut, tandis que sa compatriote, Manuela, s’envolera cinq mouvements plus loin après un magnifique combat, et s’octroie ainsi une belle médaille d’or! Côté français, Julie Michelard ne trouvera que tardivement un talon salvateur dans le milieu de voie, mais trop d’énergie perdue, elle tombera quelques prises avant les pinces et terminera 8ème. Mathilde Becerra, 2ème française engagée sur ces finales, tombera sur le crux des pinces, et terminera 5ème.
 Katherine Choong sur le volume juste avant les pinces immondes
Chez les mecs, tout comme chez les filles, les juniors devaient s’élancer dans la même voie que les cadets. Sauf que, comme décrit précédemment, la voie des cadets se composait d’un vilain pas de bloc après le rétablissement. Les ouvreurs décident alors de rajouter une prise intermédiaire pour les juniors, histoire de faire un peu le spectacle, et surtout de départager les grimpeurs. Autant vous dire qu’ils ont eu là une bonne idée, puisque seulement 5 grimpeurs passeront ce passage délicat. Parmi ces 5 grimpeurs, on retrouve 2 français, Romain Busetta et Kavin Aglae. Romain chutera juste après ce terrible blocage (un peu moins terrible que pour les cadets), alors que Kevin enchaînera encore quelques mouvements pour finalement repartir avec le bronze. Devant lui, on retrouve l’autrichien Mario Lechner, qui fait jouer les biceps dans le toit, recake dans le crux là où tout le monde tombe, autant de petits détails qui lui auront peut-être fait perdre la médaille d’or : il chutera un mouv plus haut que Kevin. En pôle position, c’est un allemand qui fait le show, en venant égaliser la perf de l’italien en cadet. Au final, cette voie restera invaincue, même avec une prise supplémentaire. Le spectacle était quand même au rendez-vous, et c’est tant mieux. A noter également que 3 autres français ont pris le départ des finales : Killian Avocat Benan, Alois Deiana et Maxime Guigonnet, respectivement 7, 11 et 12ème.
 Kev Aglae, déterminé...
Si on fait le bilan des médailles :
Autriche : 5 médailles dont 1 en or, 3 en argent et 1 en bronze
Allemagne : 4 médailles dont 1 en or, 2 en argent et 1 en bronze
France : 3 médailles dont 1 en or, 1 en argent et 1 en bronze
Suisse : 2 médailles dont 1 en or et 1 en argent
Italie : 2 médailles dont 1 en or et 1 en bronze
Belgique : 1 médaille en or
Russie : 1 médaille en bronze
Slovénie : 1 médaille en Bronze
Une médaille de moins pour la France comparée à la dernière étape de Veliko en Bulgarie, mais globalement nous restons dans une bonne moyenne. Les autrichiens quant à eux continuent de dominer le circuit, notamment chez les minimes filles où ils raflent régulièrement le podium complet... Prochaine et dernière étape, direction Kranj les 20 et 21 novembre...
Charles Loury
Planetgrimpe.com
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