J’ai quitté le Pole France il y a environ 2 mois maintenant, et ce petit article permettra aux fidèles lecteurs des aventures de la team PG de comprendre pourquoi. Je suis allée à Aix en Provence pour deux choses : mes études (master 1 droit de la culture et de la communication), et mon sport. Alors que nous étions 6 grimpeurs tout excités en septembre à l’idée de quitter nos repères pour aller s’entrainer au pole, ensemble, dans la joie, la bonne humeur, et avec les mêmes objectifs, le bilan en ce mois de mai est plus que négatif. En arrivant au pole on m’a fixé des beaux objectifs à l’année en me demandant quelle compet je voulais faire, quand est ce que je voudrais être en canne etc. Petite naïve que j’étais je me suis mise à aimer être la bas… MALHEUR ! J’aurai du vite, vite, vite, rentrer chez moi avant que le pire n’arrive. Et pourtant…

Alors que je pensais trouver un entraineur et des entrainements je n’ai eu ni l’un ni l’autre. Je n’ai eu aucune planification (même pour une semaine) depuis le début, je n’ai eu que des objectifs sans cesse revues à la baisse, des coups de blues et des doutes. Apres la première étape de coupe de France de Chamonix, j’ai voulu changer mes entrainements, car en effet, je ne faisais que régresser depuis le début de l’année. Lorsque j’ai énoncé le fait qu’il y avait peut être un problème, on s’est empressé de me dire : tu dois choisir entre les cours et l’escalade… là c’est trop compliqué, c’est impossible d’arriver à t’entrainer… Rendez vous compte !!! 15h de cours par semaine ne permettaient pas de faire une planification !! Aie, aie, aie !! Pire encore… dans la définition du creps on peut lire : endroit ou un sportif pourra s’entrainer sans délaisser son cursus scolaire !! Mais non… on ne parle pas ici de le délaisser… non… mais plutôt d’arrêter ! Aussi étrange que cela puisse paraître, et oui, je n’ai pas choisi entre l’escalade ou les études, j’ai fait le choix de garder les deux ! QUOI ?! Mais c’est une aberration ! ah que tu ne viennes pas te plaindre ensuite qu’on y arrive pas à t’entrainer, tu n’y mets vraiment pas de la bonne volonté, vouloir continuer les études en même temps que la pratique d’un sport… pauvre folle ! Ha, elle est belle la meilleure structure de France non ?!

Faute de confiance dans des séances absolument pas personnelles, sinon pas pour moi ; faute de planification annuelle ; faute d’un entraineur présent ; faute de temps à accorder à un sportif ; faute de prise en compte de mes envies… bref… beaucoup de facteurs m’ont fait arriver à cette conclusion : je suis venue pour m’entrainer, pour être forte, pour faire de l'escalade… et je me retrouve à galérer cent fois plus qu’ailleurs pour grimper. Je me retrouve à planifier moi-même ma saison puisque je n’ai pas eu d’entraineur a ma disposition, à grimper seule puisque les entrainements collectifs promis n’ont jamais été mis en place, à me remettre sans cesse en question alors que je ne devrais penser qu’à grimper… bref je me retrouve déçue et soulagée d’être enfin partie !

Alors voila, pour ceux qui se demandaient pourquoi « je faisais ma grosse rebelle du pole France », ils pourront trouver une réponse toute simple : pourquoi payer pour quelque chose qui me tire vers le bas ? Je trouve ça fascinant comment il est facile de détruire un sportif. J’ai quitté ma petite vie lyonnaise, mes entrainements à Lyon, pour venir quelque part dont on m’a fait l’éloge, et on me « renvoie » finalement chez moi chuchotant presque trop fort que « ça en fera une de moins ! ouf ! il y aura plus de temps à consacrer aux autres ». Aujourd’hui ? Aujourd’hui je me demande encore ce que je vais faire de ma saison… j’essaye de rentrer au maximum chez moi pour pouvoir grimper, car je n’ai plus droit à l’accès à la structure… on a préféré ne pas trop se remettre en question et me voir gentiment foutre ma saison en l’air plutôt que de réagir et peut être changer les choses… Bref ! j’aime l’escalade et ce n’est pas ce petit échec qui remettra en cause ma passion ! alors une bonne leçon a tiré de tout ça : qu’importe ce qui peut arriver… si on aime quelque chose rien ne peut nous empêcher de le vivre à fond ! adieu le pole, bonjour le plaisir !