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..:: La coupe du monde de difficulté 2009
4ème étape: Puurs
Puurs : 4ème étape sur les 6 qu’en compte de la saison 2009
C’est la 6ème fois que ce mur impressionnant de Puurs (21m de hauteur) recevait une étape de la coupe du monde de difficulté. Avec un mur comme ça, on ne pouvait que s’attendre à des voies ultra longues, et sur ce point, les ouvreurs (emmenés par Christian Bindhammer) ne nous auront pas déçus.
Retour sur 2 jours de pure compétition.
C’est sous un soleil radieux que se sont retrouvés les 68 compétiteurs inscrits (40 hommes et 28 femmes), près à en découdre et à mettre le feu devant près de 500 spectateurs venu tout spécialement pour l’occasion.
Après les qualifs, aucun problème pour les favoris qui passent tranquillement le cap. Mais à partir des demis, ça commence à se gâter sérieusement… Seulement 8 places sont disponibles pour les finales, et autant vous dire que ces places valent chères, car on compte plus de 8 grimpeurs ayant le potentiel d’entrer en finale !
Chez les femmes, de grosses pointures passent à la trappe, et notamment les 2 slovènes Natalija Gros et Mina Markovic (respectivement 9 et 11ème) ou encore les japonaises Yuka Kobayashi et Akiyo Noguchi (11 et 13ème). Et pourtant, en finale, on ne compte pas d’outsiders ou de nouvelles têtes, non non, toutes les finalistes sont des grimpeuses déjà bien connue de la scène internationale, c’est pour vous dire à quel point le niveau est relevé. D’ailleurs, n’oublions pas de signaler que parmi les finalistes, on retrouve 2 françaises, Charlotte Durif et Caroline Ciavaldini, qui nous font le plaisir de venir jouer dans le haut du classement.
En finale, tout se jouait dans le haut de la voie, pour passer et se rétablir du dernier petit toit… 2 prises en sortie de toit, un talon à poser, et un gros blocage pour aller chercher une autre prise assez haute avant de sortir le deuxième pied, de se rétablir et de terminer la voie sur des meilleures prises.
Caroline Ciavaldini arrive sur cette fin de voie déjà un peu fatiguée, ses mouvements commencent à être moins précis, et après un beau combat sur le volume juste avant la sortie de toit, la zipette de son talon aura eu raison d’elle. Charlotte Durif, deuxième française engagée, arrive également sur ce dernier passage délicat, pose son talon convenablement, ferme le bras et ne pourra hélas que toucher la prie suivante. Nos deux françaises se classent respectivement 5 et 6ème. Angela Eiter passera ce fameux crux avec un blocage impressionnant. Elle tiendra donc la prise que Charlotte n’aura fait que toucher, mais se mettra en mauvaise posture pour mousquetonner et tombera en tentant le mouvement suivant, elle terminera 4ème. Quant à Maja Vidmar, Jain Kim et Johanna Ernst, elles sortiront toutes les 3 la voie avec une aisance remarquable, malgré des styles bien différents : Maja et Jain dans des styles plutôt très posés, sans prise de risque, avec une statification de tous les mouvements, tandis que Johanna nous sortira une grimpe plus jeune, avec des balans, des mouvs dynamique, sans pour autant montrer le moindre signe de difficulté.
On retrouvera donc ces 3 grimpeuses en super finale. Maja Vidmar s’élance et tombera en milieu de voie sur un mouvement un peu aléatoire qu’elle n’aura pas su négocier. Jain Kim chutera quant à elle dans le haut de voie, mais cela ne suffira pas pour résister au talent de la jeune autrichienne. Quand on voit Johanna Ernst évoluer, on ne peut qu’admirer son style, où fluidité, dynamisme, précision et prise de risque ne font qu’un. Et après un superbe combat jusqu'au dernier mouv' de la super finale, elle repart avec la médaille d'or. Il n’y a rien à dire, elle grimpe admirablement bien et représente, nous en sommes convaincus, l’avenir de l’escalade. On attend d’ailleurs avec impatience de la voir évoluer un peu plus souvent en falaise, histoire de bousculer un peu les standards féminins actuels.
Place aux hommes désormais. Tout comme chez les dames, le niveau semble bien relevé (malgré l’absence du canadien Sean McColl et du Norvégien Magnus Mitdboe), preuve en est avec la mise à l’écart de deux Autrichiens pourtant habitués des finales, David Lama et Jakob Schubert (9 et 12ème).
En finale, on attendait le duel Adam Ondra / Patxi Usobiaga, qui se tirent la bourre depuis le début de la saison avec seulement 20 points d’écart au classement général (à l’avantage du jeune Tchèque). Et bien au regard de cette finale, bien évidemment très longue, Adam Ondra mérite bien son surnom de « Fast Adam »… En plus d’écumer les voies extrêmes en quelques essais sur les falaises du monde, le jeune tchèque fait preuve d’une rapidité hallucinante en compétition. Il fera péter la voie de finale, estimée à 8b+/c, en 4 minutes et 30 secondes !! Ca semble pourtant simple, il grimpe de la prise de départ à la prise d’arrivée en ne prenant quasi aucun repos, et en enchaînant les mouvs de manière déconcertante… Et ça paye puisqu’il repartira avec une belle première place !
Même Patxi Usobiaga ne pourra pas lutter face à la démonstration de force d’Adam. Il chutera dans le haut de la voie, quelques mouvements après un croisé-décroisé très teigneux (enfin pas pour Adam !) qui aura d’ailleurs était fatal à nos deux Français Manu Romain et Romain Desgranges qui se classent respectivement 3 et 4ème ! Quand on vous disait que notre Manu Romain national était capable de s’insérer dans le trio de tête, et bien c’est chose faite, et ça force l’admiration. Comme quoi, le courage et la persévérance, ça paye. Klemen Becan (5ème) et Sachi Amma (6ème) chuteront également sur ce croisé (le premier touchant la 2ème prise du croisé, le second se contentant de valoriser la première prise). Le troisième français de ces finales (oui oui, 3 français !!), Gautier Supper, n’aura pas démérité, et chutera quelques mouvements avant ce fameux croisé, en se précipitant peut être un peu trop. Un petit manque d’expérience de sa part qui sera rapidement comblé dans les mois et les années futures. Enfin, Signalons tout de même la grosse contre performance du deuxième espagnol engagé dans ces finales, Ramon Julian Puiblanque, qui zippera de la main sur un volume dans le premier tiers de la voie. Il terminera donc 8ème et dernier de cette finale.
Le TOP 8 de la coupe du monde après cette étape de Puurs:
Femmes
1. Ernst Johanna AUT 308.00 (=)
2. Eiter Angela AUT 258.00 (=)
3. Vidmar Maja SLO 241.00 (=)
4. Kim Jain KOR 219.00 (+1)
5. Gros Natalija SLO 188.00 (-1)
6. Ciavaldini Caroline FRA 179.00 (+1)
7. Kobayashi Yuka JPN 166.00 (-1)
8. Chereshneva Yana RUS 164.00
Hommes
1. Ondra Adam CZE 351.00 (=)
2. Usobiaga Lakunza Patxi ESP 311.00 (=)
3. Amma Sachi JPN 247.00 (=)
4. Julian Puigblanque Ramón ESP 207.00 (=)
5. Romain Manuel FRA 187.00 (+1)
6. Schubert Jakob AUT 149.00 (+1)
7. McColl Sean CAN 146.00 (-2)
8. Lama David AUT 134.00 (+1)